Fleurus 2015

«Fleurus, 16 juin 1815 : dans la plaine qui court de Fleurus à Ligny, l’armée française s’avance. Les troupes prussiennes retranchées dans Saint-Amand et Ligny attendent. Dans l’air chaud, étouffant, on sent qu’un orage se prépare, est sur le point d’éclater. La bataille est inévitable».
C’est par ces mots que débute le dossier «Fleurus 2015». «C’était la volonté de Monsieur le Bourgmestre de mettre en valeur le patrimoine historique de la cité », indique Laurent Fauville, animateur de l’Office communal du Tourisme, au Campinaire. « Nous avions le choix entre Jourdan, méconnu, Louis XIV, qui n’a fait ici qu’un passage éclair… Et Napoléon, qui a fêté ici sa dernière
victoire avant la disgrâce de Waterloo, deux jours plus tard.»
Reposant sur un budget estimé à 650.000 euros, le projet initial a été déposé en septembre 2007. «Le but n’est pas tant Napoléon en soi mais plutôt de parler d’une époque. Que pensaient les gens ? Que faisaient-ils ? Comment
était Napoléon dans l’intimité ? Comment les soldats vivaientils, se nourrissaientils,se soignaient-ils ? Nous voulons notre projet très centré sur l’humain.»
La volonté s’est rapidement tournée vers un panorama, à l’image de celui de Waterloo, mais plus petit. «Il s’agit là d’un média ancien mais qui remporte à nouveau un certain succès, un peu partout. L’idée est d’offrir un spectacle qui s'intègre dans un ensemble : 16 juin Fleurus et 18 juin Waterloo, il s’agit de la même histoire.»
Le panorama fera 20 mètres de diamètre, 4 mètres de haut, 62 mètres de long, 300m² au sol. «Nous l’envisageons au Campinaire mais notre expo pourra se
déplacer partout où on disposera de 1.000 m² au sol et 7 mètres de hauteur. » Car le panorama sera destiné à l’itinérance. « Napoléon est connu universellement. Il sera notre carte de visite pour porter le blason de Fleurus en France, en Allemagne, en Pologne (à travers le groupement des cités napoléoniennes)…»
Concrètement, le panorama s’articulera sur trois axes.
- Le pré-show :
Cette partie racontera au visiteur le temps et l’époque. Le spectateur sera pris par la main, au travers d’un audioguide
et de postes de télévision. Des personnages vivants pourront, dans toutes les langues, exprimer leur vécu, raconter l’épopée de Napoléon, la Révolution, l’Europe de ce temps.
- Le panorama :
Le plan du panorama sera évidemment centré, le spectateur y accèdera en passant en dessous des toiles. A la circonférence, des vitrines permettront d'exposer des objets de l’époque : porcelaines, armes, médicaments… «Tous objets que des collectionneurs voudront bien nous prêter, dans chacun des pays hôtes, pour illustrer la vie de l’époque», précise M. Fauville qui, pour l’instant, est occupé à constituer un réseau de contacts. Au centre du panorama, une gloriette permettra au spectateur
de se jucher à quelques mètres de haut pour admirer, sur 360 degrés, des éléments de la bataille avec en toile de fond le Fleurus-Ligny de l’époque, débarrassé de tout artifice construit depuis lors. Une série de toiles de batailles ont d’ailleurs déjà été peintes par Patrice Courcelles, peintre spécialiste de la période napoléonienne.
«La Ville de Fleurus a subventionné l’acquisition de ces peintures et en a également acquis les droits patrimoniaux. Les toiles font donc désormais partie du patrimoine communal et permettront à Fleurus de «communiquer» vis-à-vis de l’extérieur, des touristes, etc.» Pour ce qui est du paysage de l’époque, Laurent Fauville, infographiste de formation et artiste dans l’âme, en est à la phase de redessiner l’horizon fleurusien tel que celui-ci existait en 1815. «Ici, je gomme les petits bois et bosquets qui n’existaient pas à l’époque. Et je resuperpose une photo prise derrière ces bois afin de représenter la perspective dans toute sa profondeur.» Un travail d’orfèvre.
Enfin, une plate-forme circulaire s’étendra de la gloriette au panorama lui-même. Sur ce «faux-terrain» de 2m50 de large, une mise en scène à l’échelle 1/6e sera créée au travers de saynètes de bataille ou de scènes de la vie quotidienne.
- Le post-show :
Il présentera l’aujourd’hui, le Fleurus moderne. «Le projet
«Fleurus 2015» représente la volonté d’une ville de se montrer, de sortir de ses murs pour découvrir le monde, de faire découvrir son savoir-faire. C’est une petite entreprise qui va se mettre en branle. On pourrait le faire voyager
avec des techniciens, des déménageurs, du personnel d’entretien… Pour assumer ces coûts, il faudra le soutien de la Ville, mais aussi des sponsors, de la vente de produits dérivés de haute qualité, destinés aux collectionneurs et aux touristes. Napoléon jouit d’un grand capital
sympathie. Les spectateurs pourront découvrir des objets authentiques et toucher, manipuler des reproductions de haute qualité», indique Laurent Fauville, présentant une aigle impériale en résine plaqué bronze. «C’est un artisan local qui l’a fabriquée. Cela fait partie des projets que pourront ramener les gens en souvenir. Et c’est une preuve du savoir-faire des Fleurusiens d’aujourd’hui.»
En 2010, une maquette 1/16e sera ouverte au public, dans le cadre des festivités du 195e anniversaire de la bataille.
En attendant 2015. «Ce que nous cherchons, c’est développer à Fleurus un projet dont les gens pourront être fiers. Nous sommes tous aujourd’hui le fruit des brassages culturels, du passage de générations de militaires. Fleurus est le
symbole d’une Europe construite dans la guerre et qui s’épanouit aujourd’hui dans la paix. Nous voulons une exposition sur les hommes. Sur les hommes et le temps.»
Informations : 071/88 50 72 ou www.fleurus-tourisme.be
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